Qsec

Le blog
Saison 2011-12 : l'argent
09
mai

Montereau à l’heure du bilan

L’année dernière, nous nous étions livrés ensemble à la cuisine moléculaire. Je retrouve avec plaisir les femmes du centre social de Montereau-Fault-Yonne pour la réunion de clôture de leur parcours de réflexion sur l’argent.

« Les minimas sociaux : une question de chiffre ? »
Cette question a conduit ces femmes, de 20 à 65 ans, à rencontrer un économiste, s’entretenir avec le directeur adjoint de la Caisse d’allocation familiale de Seine et Marne, visiter l’Assemblée Nationale et discuter avec Yves Jégo, leur député-maire, débattre avec Cédric Rio, un philosophe membre de l’observatoire des inégalités… Un parcours riche que résument à grands traits Marie-Christine, de Terre avenir et Sandrine, référent famille du centre social.

le groupe devant l’Assemblée Nationale

Pendant leur intervention, quelques retardataires rejoignent le groupe. C’est jour de marché à Montereau et les femmes se sont communiquées l’adresse d’un marchand de fruit qui écoule ses stocks à 1 € le kilo. Parler d’argent c’est aussi joindre la théorie et la pratique !
Le débat s’installe tranquillement, notamment lorsque Sandrine rappelle que le RSA est désormais lié à une obligation de 7 heures de travail hebdomadaire. Pour Francine, très remontée, c’est de l’exploitation pure et simple. Pour Messaouda au contraire, les mimima sociaux peuvent constituer un piège pour les plus jeunes et il est important de donner un rythme et des horaires.

Retraitées, étudiantes, salariées, sans emploi, les profils des participantes sont très divers, ainsi que leurs origines et leur parcours. On sent cependant une grande complicité entre elles, malgré des différences d’opinion parfois très fortes. Toutes ont cependant bénéficié, à un moment ou un autre de leur vie, du versement d’allocations.
« En 2003 j’ai divorcé, en 2007 j’ai perdu mon travail, sans les minima sociaux je ne sais pas comment j’aurai nourri mes trois enfants » témoigne Fatima. Messaouda de son côté indique que sans ces aides ses quatre enfants n’auraient pas pu faire d’études. Malika rappelle que les jours de versement des allocations de la CAF, il y a la queue à la poste : « les gens attendent ça pour vivre » et indique que lorsque son mari s’est retrouvé au chômage, les prestations sociales les ont bien aidés.

Indispensables ces prestations ne sont pas pour autant une panacée. Au lieu de favoriser l’insertion elles peuvent conduire à la dépendance et la marginalisation. Constituer d’avantage un frein qu’un moteur. On évoque les abus, les fraudes (on a appris d’Alain Chelloul, directeur adjoint de la CAF, que celles-ci étaient en grande majorité du fait des entreprises et non des particuliers). Finalement toutes s’entendent pour dire que ces minimas ne sont pas une simple question d’argent, de chiffre. Qu’ils offrent une sécurité relative (« une bouée pour ne pas se noyer » résume Malika), mais pas suffisante (« Avec un RSA, 460 € par mois, je ne sais pas comment on fait pour manger » déplore Francine tandis qu’Habida témoigne « Quelle vie on a quand on vit avec ça ? On est montré du doigt ! »).

Marie-Christine aide les participantes à synthétiser leur pensée, pour produire un item QSEC : une affirmation qui témoignera du parcours de réflexion du groupe et permettra le débat lors de la restitution finale du 19 juin au Conseil Régional d’Ile de France. Une première formulation hésitante « Les minima sociaux offrent une sécurité économique mais ne permettent pas de profiter de la vie » aboutit à «les minima sociaux doivent permettre de garantir une sécurité économique minimum et de maintenir un lien social ». L’idée fait consensus, la formulation pas tout à fait, il faudra peaufiner.

En se séparant, le groupe songe déjà au parcours QSEC de l’année prochaine. Et les femmes de Montereau ont bien l’intention d’en débattre ensemble !

25
avr

From Richmond to Brie-Comte-Robert

Vincent Glenn est rentré hier du festival du film français de Richmond, Virginie, USA. Je le retrouve à la gare RER de Vincennes pour me rendre avec lui au lycée agricole Bougainville de Brie-Comte-Robert où il va présenter son film Indices à une soixantaine d’élèves, dont près de la moitié constitue un groupe QSEC.

Contacté il y a plusieurs semaines déjà par Marie-Christine Garnot de Terre Avenir pour venir présenter son documentaire, il n’a plus en tête l’ensemble des tenants et aboutissants de l’opération. « En somme, il s’agit d’éducation populaire, d’apporter les éléments pour nourrir une expertise citoyenne ? » résume le cinéaste après que nous en ayons reparlé. Vincent y voit aussitôt des parallèles avec sa propre démarche d’ « activiste du droit de comprendre ».

Édith Trocquet, la proviseure adjoint du lycée, est venue nous chercher à la gare de Boissy-Saint-Léger. Dans sa Kangoo municipale, elle nous présente ce qui nous attend. Le parcours QSEC est ramassé sur une seule semaine, celle du développement durable. Ses 28 membres réfléchissent à la question suivante : « peut-on échanger sans argent ? ».
Lundi ils ont accueilli Stéphane Breton, anthropologue venu leur présenter des sociétés qui relèvent ce défi. Mardi, ils ont philosophé avec Anne-Marie Dugué qui enseigne cette discipline. Jeudi ils recevront un sociologue et vendredi des associations de commerce équitable et d’échanges de savoirs. Mais aujourd’hui, mercredi 4 avril, c’est avec qu’ils vont débattre, et le cinéaste s’inquiète un peu quand il apprend que l’attendent en tout plus de soixante élèves, issus de classes de seconde générale et professionnelle, de BTS, de première technologique qui sont tous en train de visionner le film dans le grand amphi. «La différence de niveau risque de rendre le débat difficile, certains vont s’ennuyer, d’autres seront largués, il est difficile de s’adresser en même temps à des secondes et à des terminales » appréhende le réalisateur.

Accueilli dans l’amphi par une salve d’applaudissement à la fin de la projection, il donne immédiatement la parole à la salle et les questions fusent.
-Combien de temps à duré le tournage ?
-Le film s’est-il bien vendu ?
-Quel est votre métier exactement ?
-Est-ce votre premier film ?
-Qu’est ce qui vous a conduit à traiter ce sujet ?

Elles concernent aussi bien le film que son contenu.
-Les indicateurs sociaux et de bien être sont-ils utopiques ?
-Est-il selon vous possible de sortir de la mondialisation ?
-Avez-vous interpellé les candidats à la présidentielles sur ces questions ?
-Que peut-on faire pour changer les choses ?
-Pourquoi n’avoir pas traité des indicateurs des Agendas 21 ?
-Pouvez-vous préciser la notion de Produit Intérieur Doux évoquée dans le documentaire ?

Vincent répond à chaque question avec soin, multipliant les exemples concrets et livrant quelques anecdotes. Ainsi c’est en apprenant que les accidents de la route avaient un impact positif sur la croissance qu’il a eu l’idée de son sujet. C’est en réfléchissant aux sens du mot « indice » qu’il a construit son film autour d’énigmes, comme une enquête policière. C’est parce qu’elle permet de redéfinir nos priorités qu’il juge utile la réflexion sur les indicateurs de richesse. Il rappelle au passage les multiples formes que peut prendre cette dernière. Enfin, il rappelle cet aphorisme « quand on a un marteau dans la tête, on voit tous les problèmes sous forme de clou », et souhaite que son film permette de prendre un peu de perspective sur une vision qui ne serait qu’économique.
Le débat est nourri. Les élèves n’hésitent pas à relancer le conférencier, à se répondre les uns aux autres, notamment sur les questions d’engagement citoyen. La séance se clôt sous les applaudissements.

Pendant le trajet du retour, le cinéaste m’avoue avoir été surpris et impressionné par la vivacité et l’intelligence des élèves du lycée agricole. « Voilà qui est plutôt de bon augure pour l’agriculture de demain » se réjouit-il, lui qui compare son travail de diffusion de la connaissance à la production biologique, privilégiant la durée et la qualité. En un an, il a ainsi accompagné près d’une centaine de projections devant toutes sortes de publics. « Il y a d’autres indicateurs que le box office pour mesurer le succès d’un film » fait remarquer l’auteur d’Indices. Et si son film affiche plus de 10 000 entrées en salle (le double en séances non commerciales), sa plus grande réussite est sans doute de stimuler la réflexion. Comme l’a proposé une des élèves du lycée Bougainville : «Finalement, et si on reprenait le pouvoir sur l’économie ? »

19
avr

Daniel Bouvart, la curiosité en action


Daniel lors de la séance de clôture de la saison dernière

Daniel Bouvart rentre juste d’une semaine de randonnée en Jordanie. Ancien ingénieur, ce jeune retraité de 62 ans déborde d’activités. Membre de l’université inter-âge de Melun depuis deux ans, il s’est naturellement imposé comme animateur au sein du groupe QSEC Clic Rivage de Melun. La saison dernière, ses comptes-rendus de réunion ont été postés sur le blog, et cette saison, il n’a pas hésité à animer lui-même une séance en présentant des documentaires télévisés.
Ancien ingénieur spécialisé dans les matériaux composite, Daniel est curieux de tout : à l’UIA il a étudié la civilisation Maya et les traitements d’épuration de l’eau, mais aussi l’œnologie et système immunitaire. Sportif, il combine randonnées pédestres, cyclisme et séjours à la montagne pour skier avec ses 4 petits enfants. Pour autant, il s’arrange pour ne jamais rater une séance QSEC. « Ces rendez-vous m’apportent des informations et des réponses. L’année dernière, la saison sur l’alimentation m’a amené à mettre en application certains conseils pour mieux équilibrer mes repas » explique-t-il. Et cette année ?
« Avec le thème de l’argent, la mise en œuvre est plus complexe, d’autant que je souhaitais comprendre comment sortir de la crise de l’euro. Mais QSEC me permet de mieux décoder les rouages de l’économie. Le sujet retenu par le groupe Clic Rivage « comment vivre avec moins ? », me concerne évidemment puisque la retraite entraine une baisse de revenu de 30 à 40%. Mais ce qui m’a le plus marqué, à ce jour, est la présentation faite par une sociologue sur les conditions de vie des gens qui sont à la rue. Je n’imaginais ni la misère ni l’organisation que requière la simple survie ! Finalement quand on prend conscience de ces galères, on relativise ses propres difficultés ».

13
avr

L’argent public en débat à Créteil

« L’argent public. Pourquoi les états sont-ils endettés ? » Un sujet d’actualité débattu par les équipes QSEC de Créteil. A l’heure où la crise frappe fort et certains pays croulent sous les dettes, une question nous trotte dans la tête : pourquoi ?

C’est ce que va essayer de mettre en lumière Stéphanie Treillet à travers une série de documents et d’explications. Stéphanie Treillet est économiste, maître de conférence à l’UPEC (Université de Créteil), membre du Conseil scientifique d’Attac-France, de la Fondation Copernic et militante féministe. Un profil parfaitement adapté à la situation et prête à répondre à toutes nos interrogations. La plupart des personnes présentent sont des agents départementaux du Val de Marne. Malheureusement nous ne seront pas au complet, 6 personnes seront excusées et l’audience sera donc composée de 7 agents.

La séance à peine commencée c’est Sylvie et Corinne qui, à ma gauche, soulèvent la demande d’un temps d’échange dans le groupe. Un mini-débat constructif aboutira sur une demande d’ajout d’une séance en mai pour la restitution du projet.

Stéphanie Treillet peut commencer son exposé. C’est sur le thème des « idées reçues sur la dette publique » qu’elle va développer sa présentation  en 3 points. Le premier étant l’affirmation « Le budget de l’état, c’est comme le budget d’un ménage« . Stéphanie Treillet va démontrer que cela est faux. D’une part car l’état est immortel (contrairement à un ménage, dure loi de la réalité) et ne peut donc pas faire faillite. D’autre part car il finance des infrastructures et des salaires et engendre donc une activité économique et donc de nouvelles recettes. Et enfin parce que c’est l’état décide lui-même des recettes en levant l’impôt, contrairement au ménage qui ne contrôle pas l’augmentation de son salaire (ce serait trop beau).

L’intervenante conclue ce premier point en signalant bien sûr qu’il est possible de l’interrompre pour poser la moindre question. Néanmoins l’assemblée, concentrée et attentive, continue de boire les paroles de l’économiste.

Deuxième fausse idée : « Les déficits sont dus à des dépenses publiques excessives« . Stéphanie Treillet confirme que depuis 1993 les dépenses publiques restent stables en pourcentage du PIB, et s’appuie sur différents graphiques pour illustrer ses propos. Elle souligne par ailleurs qu’elle parle ici de déficits et non pas de dettes ! Le sujet va s’orienter quelques instants sur le taux d’imposition marginal, que Stéphanie Treillet nous explique en détails, tout en faisant le parallèle avec les dernières propositions de François Hollande en terme d’imposition. Pendant ces explications Sylvie chuchote alors un « Incroyable ! » comme si tout s’éclairait enfin d’un coup. Afin d’expliquer l’origine de la dette, c’est sur le rapport Carrez que Stéphanie Treillet va s’appuyer en montrant la valeur des cadeaux fiscaux et leur impact sur la crise actuelle.

La troisième et dernière fausse idée reçue sur la dette est « qu’elle est un fardeau pour les générations futures« . En effet l’économiste va nous démontrer que la dette agit au présent et n’a donc pas d’influence directe sur les générations à venir, d’autant plus que les créanciers sont deux fois plus bénéficiaires grâce aux intérêts et au creux du déficit public.

L’un des participants de la réunion souhaite développer l’importance de l’inflation, mais Stéphanie Treillet signale qu’elle va justement en venir à ce sujet car il a toute son importance dans cette analyse. Les interventions se font rares mais l’attention du public est forte. L’économiste va encore s’appuyer sur quelques graphiques afin de développer l’effet des politiques néolibérales dans le monde, puis un dernier point sur la stratégie de l’Union Européenne à travers l’austérité budgétaire, le pacte pour l’euro plus et le mécanisme européen de stabilité.

Pour conclure la séance Stéphanie Treillet propose un temps de questions, critiques et remarques. Ca tombe bien, certains participants avaient préparé quelques interrogations. La plus pertinente sera sûrement « Pourquoi le bon sens ne prend-il pas le dessus sur certains constats ou situations ?« , ce à quoi Stéphanie Treillet répondra finalement qu’il n’y a pas d’expertises communes, tout en citant les propos de plusieurs économistes qui ne sont pas partagés par tous. Bien que le timing imposé se voit déjà dépassé, la séance manque clairement de temps à la vue des passions qu’elle déchaine. Elle se conclura sur les propos d’une participante qui avec un léger sourire rappelle que la période est propice au changement via les élections à venir et que l’on peut tous changer quelque chose, même un petit peu, même à notre échelle.

Guillaume BIAU

05
avr

Danielle Coles : échange de savoirs et lien social

Conseillère en économie sociale et familiale à la mairie de Meaux, Danielle Coles s’est vue confier, fin 1997, la mission de constituer un réseau d’échange avec les centres sociaux de sa région. Retraitée depuis 2003, elle préside aujourd’hui le Réseau local d’Echanges Réciproques de Savoirs de Meaux qui en est issu et s’est depuis constitué en association.

Un groupe QSEC s’est formé au sein de ce réseau et planche sur la question suivante « l’argent n’est-il qu’un moyen d’échange ? ».
« Ce thème entre bien sûr en résonnance avec mon parcours professionnel, mais aussi avec notre réseau pour lequel la connaissance est un bien qui ne doit pas être monnayé » explique Danielle Coles.
De fait les Réseaux d’Echanges Reciproque de Savoirs proposent d’échanger des connaissances sans contrepartie financière et de tisser ainsi des solidarités qui se passent d’argent.

Parmi les séances les plus marquantes du parcours QSEC, l’intervention d’un universitaire de Poitiers sur les sociétés égalitaires ou encore la projection du documentaire Indices par Vincent Glenn, son réalisateur.
« Ce film nourrit assez profondément notre réflexion. Nous en ferons sans doute une chronique dans notre journal, le Méli-Meldois, dans lequel nous allons aussi publier un supplément QSEC à partir des compte-rendus des séances effectués par Francis Barberi, un des membres du groupe » indique Danielle Coles, avant de conclure : « QSEC est un vrai cadeau. L’attention et l’excellence de tous les intervenants nous amène à refléchir sur la citoyenneté, nous montre aussi qu’une reflexion commune peut faire évoluer les choses. Un grand merci à toutes les personnes qui ont participé à ce travail, à tous ceux et celles qui nous ont accompagné dans cette aventure à la fois scientifique et humaine ».

16
mar

De la philo pour les bacs pro

Les élèves de Terminale bac professionnel (PNS) du lycée Louis Lumière de Chelles sont déterminés. En un mois et six rencontres, ils vont boucler leur programme de réflexion QSEC et faire le tour de la question suivante : «Le crédit, une solution pour vivre mieux ?».

Pour amorcer leur réflexion, ils commencent par rencontrer une professeure de philosophie, Anne-Marie Dugué, qui enseigne à Provins, au Lycée Sainte-Croix. « Qu’est-ce que vivre mieux ? Qu’est ce que la richesse ? » demande-t-elle.
Ces interrogations débouchent immédiatement sur d’autres questions : qu’est-ce que vivre ? A partir de quand vit-on bien ? Que veut dire mieux que bien ?

En préambule à cet atelier, la philosophe demande aux élèves d’essayer de rester ouverts, de ne pas avoir d’avis trop tranché.
Ce n’est pas chose aisée pour son voisin, Issa qui s’empresse de donner son opinion sur ces questions : «On se compare toujours, si j’ai un stylo, que mon voisin en a deux, je vais en vouloir trois. On en veut toujours plus. Pour certains c’est ça le bonheur ». Face à lui, Julien réagit : « Il y aura toujours quelqu’un qui en aura plus que toi. C’est sans fin. On voudra toujours autre chose. Il faut juste avoir suffisamment. Tôt ou tard, argent ou pas, on va tous mourir. Ça ne sert à rien de vouloir toujours plus ».

Le débat est lancé. Les prises de paroles se multiplient, les positions s’affirment, les concepts s’éclaircissent. Vivre ou survivre. Bien ou mieux. Assez ou beaucoup…
« Ici on a tous une bonne vie. On a un toit, à manger, on va à l’école » remarque Larry. Issa revient sur la sécurité qu’apporte l’argent, une sécurité qui se transmet aux enfants. Julien insiste : non seulement l’argent ne fait pas le bonheur mais il peut être source de complications. Kevin aborde la question des inégalités : « C’est injuste qu’un footballeur gagne des milliards alors que mon père qui est électricien gagne 1400 € par mois ». Son indignation est partagée par tous.

Peu à peu, la classe fait émerger des nuances, réalise que la richesse n’est pas que d’argent, que la réussite n’est pas que matérielle. Pour un autre Julien –la classe en compte trois, c’est à soi même qu’il faut se comparer. Jacky estime que la réussite c’est « faire mieux que ses parents », tout en rappelant que l’épanouissement passe la réunion des différents aspects d’une vie, professionnels, familiaux, affectifs, financiers… Anoushka, un peu troublée, évoque la richesse d’amour. Un Julien chantonne « un peu, beaucoup, passionnément… » tandis qu’un autre signale la richesse culturelle ou intellectuelle. Lakhdar insiste sur la spiritualité, qui permet une richesse intérieure…

Au bout de deux heures de débat, les élèves ont progressé dans leur réflexion et partagé la diversité de leurs points de vue. «Chacun de nous pense différemment, d’où la nécessité d’échanger » synthétise Khalida. Et ils se seront tous initiés à la philosophie : «Ne jamais donner de réponse, que des questions ! » comme le résume Jacky.
Des réflexions qui conduisent Anne-Marie Dugué à louer la fraicheur, la qualité d’écoute et l’ouverture d’esprit du groupe. « J’adorerai vous avoir comme élèves » indique-t-elle, avant de conclure : « vous êtes tous des philosophes. N’en doutez pas ! ».

UNE CLASSE MOTIVÉE

Rachel Ricci enseigne la vente aux élèves de Terminale Bac Professionnel Prospection, Négociation, Suivi de clientèle, du lycée Louis Lumière à Chelles. Elle est à l’origine de leur participation à QSEC.
« J’ai été contactée par la médiatrice culturelle régionale qui m’a présenté le dispositif QSEC. La thématique de l’argent tombait vraiment à pic pour ces futurs vendeurs pour lesquels le crédit, les garanties, le financement sont au programme et qui seront amenés à s’intéresser à ces questions durant toute leur vie professionnelle. Comme ils vont passer le bac cette année, nous avons opté pour un programme très concentré : six séances en moins d’un mois, qui va leur permettre d’aller assez loin dans leur réflexion autour du crédit.
Cette première séance s’est très bien déroulée. Il faut dire que la classe est très soudée, très homogène. Je les suis depuis trois ans, cinq ans pour certains et je dois dire qu’ils ont un très bon état d’esprit. Ils sont passionnés et font preuve d’un grand respect mutuel. Il n’ont pas de philosophie dans leur cursus, du coup cette initiation venait un peu combler un manque. Les échanges étaient spontanés, sincères et de qualité. Finalement, la richesse, c’est eux !
» .

29
fév

Crise financière : les seniors révoltés !

Ils sont parisiens, ont plus de soixante ans et se sont réunis dans les locaux de l’Ecole Normale Supérieure pour écouter Pierre Khalfa et débattre avec lui.
Membre du conseil d’administration d’Attac et vice-président de la fondation Copernic, ce syndicaliste n’a pas attendu la crise financière pour dénoncer les excès de la finance et proposer des alternatives au système.
Son exposé présente la crise de la dette en France et en Europe, ses causes et les solutions possible. L’auditoire est restreint, quatre femmes, trois hommes, mais attentif. Tandis que l’expert aligne chiffres, statistiques, pourcentages, les stylos courent sur les cahiers de note.

Pierre Khalfa commence par faire remarquer que si la dette est largement diabolisée, elle est cependant nécessaire, relie entre elles les générations et permet des investissements importants. Ensuite, il convient de mettre la dette publique au regard de la richesse de la nation : tandis que la dette représente 80% du PIB, le patrimoine représente lui 130% du PIB. Enfin, dernière remarque préalable, l’indicateur de la dette, le ratio dette sur PIB, est peu robuste et par nature trompeur puisqu’il compare un stock (la dette) à un flux (la production annuelle de richesse). « Si on comparait deux flux, la charge de la dette et le PIB, le pourcentage serait ramené à 2,5%, on voit là qu’il n’y a aucun drame » conclut l’expert qui relève que la présentation de la dette est trompeuse et procède d’un choix politique.

Sa démonstration se poursuit en abordant les multiples causes de cette dette qui a toutefois réellement augmenté de manière importante. Parmi celles-ci : la crise financière de 2007-2008, une fiscalité qui fait diminuer les recettes de l’Etat, une augmentation déraisonnable des taux d’intérêt, un refus de la Banque Centrale Européenne (BCE) de financer les déficits publics et qui contraint les Etats à se tourner vers les marchés financiers. Jean-Marc souhaite savoir à quel taux la France emprunte aujourd’hui. A 3,2% répond le spécialiste qui fait remarquer que les banques qui prêtent à ce taux se refinancent, elles, à 1% auprès de la BCE !
Selon Pierre Khalfa les politiques de rigueur ne sont pas une solution : « Grèce, Espagne, Portugal, Angleterre voient leurs populations s’appauvrir, leurs acquis sociaux disparaître tandis que l’austérité entraine la récession et la rigueur augmente les déficits ». Christiane demande pourquoi l’Angleterre qui n’a pas adopté l’Euro et dispose d’une banque centrale nationale a elle aussi besoin d’un tel plan. Pour Pierre Khalfa «Cameron ne va pas gâcher une bonne crise. Il profite de l’effet d’aubaine pour remettre en cause les modèles sociaux».

D’autres solution que la rigueur sont possibles poursuit l’altermondialiste, qui en décrit quatre :
-une reforme fiscale, qui restaure une justice sociale et redonne des marges de manœuvre aux finances publiques
-une reprise en main des banques : il est nécessaire d’en reprendre les contrôle, d’encadrer leurs activités, de casser les conglomérats bancaires, de « déprivatiser le système »
-une mise en question de la dette : de quoi est-elle constituée, qui la détient, est-il possible de l’annuler au moins partiellement. Un collectif s’est constitué pour mener cette analyse.
-une sortie des marchés financiers : il faut permettre aux Etats d’emprunter directement à la BCE et aux banques centrales nationales. Quitte à engager un bras de fer politique avec l’Europe.

Après cette présentation d’un peu plus d’une heure, les questions fusent. Elisabeth s’interroge sur la mondialisation et la compétitivité ainsi que sur la complexité du système financier et l’impact des nouvelles technologies, Jean-Marie ironise sur le sort de Dexia en se demandant qui paye l’adition. Jacques demande des précisions sur le patrimoine national : « combien vaut la France ? » Enfin il souhaite savoir si les conseils du spécialiste ont des chances d’être entendus et surtout par qui ? Pierre Khalfa répond exhaustivement à toutes les questions, renvoie sur un de ses articles, mais élude la dernière. Pressés par les séniors qui veulent savoir pour qui il roule et quels sont ses espoirs, il finit par lâcher : «Je suis optimiste si les peuples d’Europe foutent le bordel. Une mobilisation sociale d’ampleur est nécessaire pour casser le système ». Jacques, sourire aux lèvres scande « la rue, la rue ! », tandis que le reste de l’auditoire semble opiner du chef. Porté par le groupe des seniors de l’ENS, l’élan révolutionnaire revient dans le quartier latin !

15
fév

Brunoy : le débat de l’argent vu « d’en bas »

Alors que dans certaines assemblées QSEC on bataille avec de grands concepts économico-philosophico-politiques, à Brunoy (91) on aborde le thème de l’argent de manière beaucoup plus pragmatique : comment gérer un budget au quotidien ? Et ce sont des mères de famille qui y répondent…

Vendredi matin, une demi-douzaine de mères de famille – dont certaines accompagnées d’enfants en bas âge – sont réunies au Centre Social de Brunoy pour leur première réunion QSEC de la saison. Lorsque le journaliste franchit la porte, il est accueilli par une vague d’enthousiasme : « ah, enfin un homme ! » Désolé mesdames, ce n’est que le rédacteur du blog. Plus tard, la coordinatrice QSEC de l’Essonne, Emilia, expliquera que ce groupe était ouvert à tous les parents – hommes et femmes – mais que seules des femmes ont répondu à l’appel. Apparemment, les pères au foyer demeurent encore une espère rare… (et la parité, alors ?)

Toujours est-il qu’elles sont toutes là, d’origines sociales diverses, pour assister à l’intervention de Catherine Morvan, déléguée aux prestations familiales du service judiciaire d’Aide à la gestion du budget du département de l’Essonne. Rompue à l’exercice, l’intervenante commence tout d’abord par un petit tour de table pour que chacune se présente : nom, prénom et… nombre d’enfants (allant de trois à sept), qu’on commente et compare dans la bonne humeur. Lorsque le directeur du centre passe la tête par la porte pour se faire offrir un café, il est tout de suite questionné sur sa progéniture ; « Oh moi, comme tous les Africains, j’ai une famille nombreuse », répondra-t-il en rigolant (avec trois enfants « seulement », il passe pourtant pour un poids léger face à l’assistance). « J’ai gym à 11h », annonce une des mamans, Mme Morvan décide donc d’embrayer pour tenir la deadline…

L’assistante sociale commence par quelques questions de base : « Pourquoi faire un budget ? Quand ? Et comment ? » Généralement dépêchée par la justice à la rescousse de familles jugées irresponsables ou inaptes à tenir un budget, Catherine Morvan se retrouve aujourd’hui  en face d’un autre public et les réponses fusent. « Voilà, vous avez tout résumé », conclura-t-elle rapidement. « Qui gère les comptes dans votre couple ? » Là encore, les réponses ne se font pas attendre : « C’est moi, mon mari c’est pas son truc », « Au quotidien c’est moi, mais les gros trucs comme les emprunts, c’est lui qui gère », « C’est souvent la femme qui gère, même indirectement »…  « On a plus le sens des réalités », résume l’une d’elles.

Venue équipée, Catherine Morvan appuie son intervention de panneaux, de « magnets » faits main représentant les dépenses fixes et/ou courantes et de plusieurs plaquettes pédagogiques et ludiques couvrant tous les aspects du budget : planificateur, astuces pour réduire ses charges, acheter malin, manger malin, logement, loisirs, vêtements… Sur les presque deux heures que durera la séance, elle aura survolé tous les aspects essentiels d’un budget, du plus évident au plus surprenant, insistant bien sur le fait que plus une situation financière est difficile, plus il est primordial de ne pas se contenter d’à-peu-près lorsqu’il s’agit d’équilibrer la balance.

Loin de rester passives, les participantes ont ponctué la démonstration de l’intervenante de nombreuses précisions, en enrichissant la conversation de leurs propres expériences ou en échangeant leurs bons plans. D’ailleurs, au-delà de l’excellente prestation de Mme Morvan, ce qui ressortira de cette première réunion de Brunoy, ce sont les trésors d’intelligence, d’ingéniosité et parfois même de courage que déploient les mères de famille au quotidien pour pourvoir aux besoins du foyer. Comme l’intervenante ne manquera pas de le rappeler à plusieurs reprises : « Maman, c’est un travail à plein temps ».

11h, dans un souci de constante amélioration, Catherine Morvan fait passer des fiches d’évaluation de sa prestation. Même si elle prêchait aujourd’hui des « convaincues », elle est parvenue à plusieurs reprises à les surprendre (« Au début, ça faisait peur toutes ces choses auxquelles faire attention, mais à la fin on y voyait plus clair », résume une des mamans). Une des participantes aide une de ses camarades à remplir la fiche : « Conseillerais-tu cette formation ? »« Ah oui, ça c’est sûr », répond l’autre du fond du cœur !

Loin de certains concepts abstraits soulevés par cette thématique QSEC 2011-2012 de l’argent, à Brunoy on a montré qu’au bout de la longue chaîne des acteurs économiques, ce sont des êtres humains et des valeurs ancestrales comme la débrouillardise ou la solidarité qui continuent encore et toujours de prévaloir.

03
fév

A Melun, crise de caddies et revenu de base

Faut-il blâmer le froid, la grippe ou une épidémie de gastro-entérite ? Toujours est-il que les intervenants prévus se sont fait porter pâle et que le groupe Clic Rivage de Melun est plutôt clairsemé. Seuls 4 de ses membres sont présents à la séance d’aujourd’hui. Il en faudrait cependant plus pour les décourager, et la qualité des débats ne se ressent en rien de la quantité des défections !

Pour remédier à l’absence des conférenciers, Sophie, de Terre Avenir, a demandé à Daniel, pilier du groupe Clic Rivage qui entame sa deuxième saison au sein du programme QSEC, de se livrer à une petite présentation. En effet, le soir même de la première rencontre du groupe, France 2 diffusait, dans son magazine Complément d’enquêtes, une série de reportages intitulés « Les caddies de la crise »qui répondaient en partie à la problématique du groupe : « comment faire avec peu (ou moins) d’argent ? ».

Devant son téléviseur Daniel a pris des notes, qu’il restitue maintenant à ses condisciples, à l’aide d’une présentation Power Point. Il résume à grands traits chacun des trois reportages. Ses interventions suscitent remarques et commentaires. Ainsi, lorsqu’on parle des grandes surfaces, Jean-Louis évoque les systèmes de courses par internet, de type Auchan Drive : « on va chercher juste ce qu’on a commandé, pas plus, on ne déroge pas à sa liste de course en se promenant dans les rayons, c’est aussi un moyen d’économiser ». Anne-Marie décrit une enseigne, dans une zone commerciale de Brie-Comte-Robert avec des produits proches de leur date limite de consommations, mais vendus à des prix défiants toute concurrence : fromage à 20 centimes, pâtisseries à 1 euros…
S’ensuit une discussion sur ces fameuses dates limites de vente, de consommation, d’utilisation optimale… on ne sait pas de quoi au juste, il faudrait être mieux informé…

La conversation dévie un moment sur les repas distribués par les associations. Jean-Louis évoque des camarades de son club de marche, bénévoles aux « Restos du cœur » qui lui ont rapporté que certains bénéficiaires refusaient la viande si elle n’était pas Hallal, ce qui le choque. «Sans stigmatiser les musulmans, relève Daniel, si chacun fait valoir ses exigences en matière de soin ou de nourriture, on ne s’en sort pas ». Sophie tente un compromis : « Pour autant on peut être assisté sans vouloir renoncer à ses choix, à ses pratiques ? ». L’opinion générale autour de la table semble être qu’à cheval donné on ne regarde pas les dents.

Le compte-rendu reprend son fil, s’attache à un reportage sur les coupons alimentaires et se clôt sur les pratiques de récupérations. Anne-Marie fait alors part de l’existence de magasins éphémères qui ouvrent trois ou quatre mois et vendent à très bas prix tandis que Françoise déplore que les reportages n’aient pas évoqués les soldes, les ventes d’usine, les vide-greniers ou encore les bourses aux vêtements ou aux jouets qu’organisent certaines municipalités. Sophie leur demande s’il y a là quelque chose de réellement nouveau, si ces pratiques ont évolués. Le vrai changement, qui transparaît en filigrane dans les réponses, c’est internet, qui rapproche les offres et les demandes.

Sophie propose ensuite de débattre de la notion de revenu de base. A cette fin elle a distribué un article de presse et projette un petit film.

Les réactions sont sans équivoque. “C’est utopiste » tranche Daniel. Pour Françoise cette théorie manipule des chiffres sans tenir compte du facteur humain. Jean-Louis y voit un système égalitaire qui revient au communisme. Daniel insiste « mettre tout le monde au même niveau semble simpliste » tandis que Françoise souligne le danger à considérer tout le monde uniformément : « en matière de santé, les personnes âgées ont d’avantage besoin d’aide que les plus jeunes : attention de ne pas aboutir à une discrimination devant les soins ! ».
La séance se termine en évoquant les prochaines rencontres. Des membres du groupe se joindront, le 10 février, à un groupe QSEC parisien pour assister à, l’ENS, à une présentation de Bernard Marx de l’Institut pour l’éducation financière du public sur la crise de la zone Euro. Et le 14 ils rencontreront des membres du Secours Populaire, qui leur parleront de l’aide aux plus démunis.

26
jan

Achères se mobilise pour QSEC

La salle des mariages de l’Hôtel de Ville d’Achères, dans les Yvelines, abrite aujourd’hui une bien curieuse cérémonie : la constitution de groupes QSEC !

A l’invitation de Stéphanie Thévenet chargée de développement social à la Mairie, des représentants de l’ensemble de la population achéroise, de la petite enfance aux maisons de retraites, se sont réunis, ce 18 janvier 2012, pour constituer des groupes de citoyens qui débattront toute l’année autour de l’argent. Des représentants de maisons de quartiers, de groupes de femmes, de foyers de personnes âgées, de l’épicerie sociale et solidaire et de différents services de la ville : jeunesse et sport, action sociale, réussite éducative… explorent ensemble, avec l’appui de Claire et Daniela, du Parc aux Etoiles, les pistes de réflexion possibles autour du thème de l’argent. Elles sont nombreuses.

Volontairement provocatrice Farida, qui coordonne le dispositif de réussite éducative de la ville, suggère la question suivante : «comment je peux me faire un peu de thune ?». Claire, dans son rôle d’animatrice, tempère le propos qui selon elle s’éloigne un peu des enjeux de citoyenneté. Farida insiste : elle côtoie quotidiennement des hommes et des femmes qui n’ont que 800 € par mois et ne savent pas comment tirer profit de leurs divers talents. Le débat peut leur donner des clés, des idées, les aider… Coralie, qui dirige l’épicerie sociale et solidaire, abonde dans son sens : «nous avons déjà constitué des groupes de parole et questionné les besoins des utilisateurs de l’épicerie. Ils n’ont pas vraiment besoin d’apprendre à gérer leur budget, mais plutôt de discuter ensemble des trucs et astuces de chacun pour trouver de nouvelles ressources. La parole est une nécessité ».

Toute la difficulté, notent les participants, va être de trouver le bon sujet. Marielle, de la direction jeunesse et sports d’Achères, relève la grande liberté que laisse le projet : la possibilité de s’appuyer sur des supports vidéos ou des livres, la diversité des intervenants possibles… Des suggestions fusent : un trader, un rappeur milliardaire, une agence de notation… Stéphanie propose de constituer deux groupes distincts : l’un avec les enfants des maisons de quartier, l’autre constitué du public adulte. Paul, responsable de la maison Jules Verne, trouve délicat d’aborder frontalement le sujet de l’argent avec des enfants âgés de 6 à 12 ans : « Je pense que nous allons plutôt axer notre réflexion sur la consommation, la richesse, les valeurs, et éviter ce mot ». A l’autre bout de la table, côté adultes, on évoque pêle-mêle les signes extérieurs de richesse, les jeux d’argent, l’argent fantasmé, la solidarité internationale, l’argent et le sport

Impossible de s’arrêter sur un thème précis, Stéphanie propose d’accorder à tous une semaine de réflexion supplémentaire. Ainsi chacun pourra consulter les publics concernés et choisir la thématique la plus fédératrice. Si adultes et enfants mèneront deux réflexions distinctes, l’idée de les réunir au moins une fois s’impose d’elle-même. Peut-être à l’occasion d’un loto, d’une soirée casino ou d’une gigantesque partie de poker rassemblant juniors et séniors…