Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
08
fév
Prévention et préjugés, un plat peu équilibré

Quand des lycéennes, futures professionnelles de santé auprès des tout-petits, rencontrent une spécialiste de la nutrition maternelle infantile, le débat promet d’être vif.

Juliana Grazini dos Santos rencontrait vendredi dernier au lycée Marcel Cachin de Saint-Ouen, des jeunes filles préparant un BEP en sanitaire et social. Certaines s’orienteront vers la petite enfance, d’autres vers les services aux personnages âgées, ou iront officier dans d’autres structures ; Toutes sont concernées par les thèmes que souhaitent aborder Juliana. Au menu du jour, la nutrition infantile, bien sûr, mais aussi l’éducation alimentaire, le rôle d’un professionnel de santé ou encore les enjeux de la publicité dans l’alimentation.

En revenant sur le cours de la semaine dernière, centré sur l’alimentation selon les pays et l’obésité chez les enfants, Juliana dos Santos pose les bases pour parler de nutrition maternelle infantile. De l’importance des ressources naturelles et des régimes alimentaires en passant par la variété des goûts, elle rapproche les problèmes posés par l’alimentation du nourrisson et des enfants de ce que vivent les lycéennes dans leurs différents stages pratiques.

Juliana pose des questions, provoque, tente d’animer une classe où, à 10h, déjà les ventres gargouillent. Elle s’emporte : Oui, le petit déjeuner est le repas le plus important de la journée, non, votre rôle en tant qu’éducateur n’est pas de juger ni d’imposer, mais d’écouter et d’adapter vos conseils en fonction de vos patients ! Pourquoi pensez-vous que l’on mange forcément mieux dans les pays « riches » ?

Les préjugés sont nombreux, notamment sur l’épineuse question, en France, de l’allaitement du nourrisson. La nutritionniste incite les jeunes filles à s’interroger sur les raisons de l’engouement des françaises pour le biberon : Arguments marketings, création de nouveaux besoins, inquiétudes maternelles ou encore raisons historiques expliquant que depuis les années 40, les femmes n’ont plus de temps pour rester à la maison et s’occuper de leurs enfants trop longtemps, tout y passe.

Juliana décortique le sujet et interroge les lycéennes sur les cas où l’allaitement n’est pas conseillé. Elle défend cette méthode naturelle avec vigueur face à une classe qui ne s’était peut-être pas encore posé les questions que ce choix implique, et insiste sur le rôle qu’elles auront à jouer demain. A l’une d’entre elle qui s’écrie que le lait d’une certaine marque en particulier est meilleur « parce qu’il est le plus cher », elle rétorque : « Vous avez trop d’idées préconçues ! »

En tant que femmes, les lycéennes se sentent quand même interpellées et posent les questions qui les inquiètent sur les douleurs liées à l’allaitement ou le rôle du père lorsqu’il ne peut pas donner de biberon. La nutritionniste rassure en évoquant les nombreux avantages nutritionnels, physiologiques, émotionnels, hygiéniques mais aussi économiques de cette alimentation naturelle du nourrisson.

Il ne reste plus beaucoup de temps pour décortiquer les publicités vantant les mérites des laits en poudre et des produits laitiers ; Ce sera l’occasion pour les lycéennes de chercher elles-mêmes les réponses aux questions posées, et à aller plus loin en sollicitant leur propre réflexion.
Comme de vraies futures professionnelles de la santé.

Un parcours qui s’annonce complexe, tant il demande d’expérience, d’adaptation, de maturité et de capacités à toujours s’informer sur son domaine de compétences. Une lourde tâche pour des jeunes filles à peine majeures.

Pour aller plus loin :

Les nouvelles recommandations de l’OMS concernant l’obésité infantile sur Maxisciences
Allaitement : Carences et diversification alimentaire sur l’Express

2 commentaires

  1. [...] Ce billet était mentionné sur Twitter par Elodie Vignier, QSEC. QSEC a dit: Blog | L'alimentation du nourrisson, question polémique ? Quand une nutritionniste & des lycéennes se rencontrent : http://bit.ly/edeV0l [...]

  2. [...] et sociales » retrouvent la nutritionniste Juliana Grazini dos Santos. Mais pour cette deuxième rencontre, les rôles ont changé. Depuis la première visite de Juliana, les jeunes femmes ont toutes [...]

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