Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
25
mar
Pratiques nutritionnelles : les stagiaires témoignent


Ce 25 mars 2011, les élèves de terminale BEP « Carrières sanitaires et sociales » retrouvent la nutritionniste Juliana Grazini dos Santos. Mais pour cette deuxième rencontre, les rôles ont changé. Depuis la première visite de Juliana, les jeunes femmes ont toutes effectué un stage en entreprise. A elles de rendre compte à la spécialiste des pratiques alimentaires qu’elles y ont rencontrées !

Juliana dispose les chaises en rond au centre de la salle, pas besoin de table, personne ne fait cours. Dès que les élèves arrivent, elle prend place avec elles dans le cercle et leur lance : « Aujourd’hui c’est vous qui parlez. Racontez-moi vos stages, ce que vous y avez vécu en rapport avec l’alimentation ».
Chacune prend la parole à son tour. Timidement au début, Aissé, Siva, Anaïs, Mélanie, Narjes, Ibtissen, Mahiti relatent leurs stages en maison de retraite, Mariam, Annie, Kounadi, Sarah, Bintou, Marie-Ange, Céline, Sarata décrivent leurs parcours en crèche. Juliana les pousse dans leurs descriptions : « Je n’ai jamais travaillé en crèche, je ne connais pas les maisons de retraite, j’apprends avec vous ». Les récits se font plus précis, les anecdotes surgissent : les « fausses-routes » des pensionnaires qui avalent de travers, l’abondance de porc dans les menus, la confection, une fois par semaine de gâteaux avec les résidents « dans lesquels on mettait beaucoup de sucre, pour qu’ils aient un peu de plaisir » confie Siva.

D’un récit à l’autre, d’une crèche à l’autre, on voit apparaître des pratiques différentes : petits-pots ici, purée maison là, laitage et compote pour le déjeuner des bébés dans une structure, dessert unique dans une autre. Juliana en profite pour mettre en garde contre l’obésité qui menace dès le plus jeune âge et alerter sur l’importance des bonnes habitudes alimentaires.
Prisca, Meriem et Amy ont effectué leur stage dans un hôpital, dans un service de chirurgie ORL pour les deux premières. L’occasion de parler sonde, perfusion et d’acquérir un peu de vocabulaire puisque Juliana qualifie ces formes d’alimentation d’entérale et parentérale. Nouraya, Djouma ont travaillé en halte-garderie et gardent en mémoire la diversité des repas selon les enfants et les parents : certains venaient avec leur déjeuner, d’autres repartaient manger chez eux, certains étaient nourris sur place… compotes, bouillies, purées, petits-pots, biscuits, lait : les bébés n’arrêtent pas de manger !

Juliana invite les 24 jeunes femmes à un rapide calcul. En tout les stagiaires qui ont travaillé avec les bébés ont eu à s’occuper de 136 nourrissons entre 0 et 6 mois. Et sur ce total, seuls 4 prenaient encore du lait maternel. Un chiffre saisissant, d’autant que toutes les élèves se disent persuadées de la supériorité du lait maternel sur le lait premier âge. « Mon petit frère est devenu obèse parce que ma mère lui a donné du lait industriel » rapporte Narjes. Juliana l’invite à la modération : « On ne peut pas être aussi radical, ce n’est pas le lait qui fait grossir ou maigrir, il y a sans doute d’autres choses à prendre en compte. On ne peut pas prendre un aliment, même industriel, et dire qu’il est coupable ». Sarah évoque à son tour le cas d’un bébé dont elle a eu à s’occuper et qui à 14 mois pesait 15 kilos ! Juliana revient sur la prévention de l’obésité : « Celle-ci commence dès la naissance, en contrôlant les quantités d’aliments ingérés et leur qualité. Mais en aucun cas on ne doit faire de régime avant la fin de la croissance. C’est dangereux » martèle-t-elle, « je compte sur vous, en tant que future professionnelle de santé pour informer les parents ».

C’est sous les applaudissements que se clôt la séance. La nutritionniste invite les jeunes femmes à poursuivre l’échange par courier électronique si elles le souhaitent. Deux séances ont suffit pour transformer 24 élèves de BEP sanitaire et social en ambassadrices du savoir manger !

Poster un commentaire