Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
13
avr
Items : un peu, beaucoup, passionnément…

Ni conférence, ni visite ! La séance du jour est tout à fait particulière. Avec l’aide d’une facilitatrice, les membres des deux groupes réunis au centre aéré de Boissy-Saint-Léger (Accueil Loisirs Primaires) vont tâcher de faire émerger des items. En clair, de formuler des problématiques inspirées par leur parcours QSEC pour participer au débat régional, relayé sur internet dès le mois de mai prochain.

Marie-Laure Wieser, la facilitatrice, est une consultante indépendante spécialiste d’aide à la décision et de cartographie de l’information. Ses outils ? Un écran, un vidéoprojecteur, un ordinateur portable, un logiciel de création de carte heuristique, une écoute attentive et un esprit de synthèse.
Autour de la table, des animateurs, des directrices de centres de loisirs, une responsable des actions éducatives de la ville, une représentante de l’antenne locale des Francas… Deux groupes sont présents : l’un composé d’agents de la ville dont la réflexion porte sur « quelle alimentation dans la restauration collective ? », l’autre constitué par les animateurs du centre d’Accueil Loisirs Primaires (ALP) et dont la thématique est « du vert dans nos assiettes ». Ils se sont déjà réunis, ont reçu les visites d’intervenants extérieurs et même entamés quelques réalisations : un potager a été installé dans le centre de loisirs, les enfants y ont déjà planté fraises, laitues, tomates cerises et potirons !

Marie-Laure oriente la discussion, sur le tableau se déroule un organigramme pour aider les participants à formaliser leur réflexion. A la case parcours correspond une série de rubriques : thématiques, objectifs, rencontres, faits marquants, résultats… autant de balises qui vont guider le remue-méninges. Marie-Laure note directement sur l’organigramme les remarques des participants.

Elle commence par leur demander de revenir sur la genèse de leur participation à QSEC et leurs aspirations. Pour Sylvie, responsable des actions éducatives du service Education et Loisirs de Boissy-Saint-Léger, il importait tout autant de toucher les décideurs que les équipes éducatives. Pour Véronique, directrice de l’ALP, l’enjeu était d’agir concrètement avec les enfants, sur le contenu de leurs assiettes. Luc, animateur, voit dans ce programme l’opportunité de faire comprendre aux enfants ce qu’ils mangent. Aïala, directrice des Francas du Val de Marne, résume ainsi l’objectif « comment passer du potager « artisanal » à la restauration collective ? ».

Marie-Laure invite les participants à parler des différentes interventions, des rencontres effectuées. Nadia et Agnès, directrices de centres de loisirs évoquent les GAB, les producteurs bio d’Ile de France. Luc détaille la visite des cuisines scolaires avec les enfants, Véronique décrit la naissance du potager… Marie-Laure interroge ensuite sur les projets à venir. Les réponses fusent : transmission de savoir entre les générations, compostage des déchets, Fête avec les familles le 28 mai où les enfants feront du pain, mise en place du tri sélectif à l’échelle de la communauté d’agglomération…

Vient maintenant le temps de la formulation des fameux items. « Que ressort-il de tout ça ?» demande Marie-Laure, « quelles questions vous posez-vous ? ».

Véronique s’interroge sur le cadre règlementaire permettant ou non aux enfants de consommer ce qu’ils ont cultivé. Pour Sylvie la bataille porte sur la restauration collective qui devrait être moins industrielle. Agnès déplore la manque de variété des repas. Luc revient sur le nécessaire respect des saisons. Sylvie pointe les conflits et les tiraillements : comment concilier santé, économie, éducation au goût ? Comment être cohérent et réaliste ? Proposer une alimentation variée, saine, équilibrée pour 1,50 € par enfant ? Et surtout comment mettre en forme ces interrogations ?
Aïala se lance et propose : « les contraintes règlementaires et financières rendent-elles possible une gestion de la restauration collective en cohérence avec… », « un projet d’éducation à l’environnement » complète Véronique, « une démarche d’éducation à l’alimentation » suggère Sylvie… On entre alors en plein Molière : «D’amour mourir me font, belle Marquise, vos beaux yeux. Ou bien: Vos yeux beaux d’amour me font, belle Marquise, mourir. Ou bien: Mourir vos beaux yeux, belle Marquise, d’amour me font. Ou bien: Me font vos yeux beaux mourir, belle Marquise, d’amour». La phrase est triturée dans tous les sens, tricotée, retournée.

Marie-Laure propose de passer à autre chose. Véronique revient alors sur son potager : « comment un projet de terrain d’une petite structure peut impacter une ville ? », là encore le groupe bute sur la formulation de l’idée, «comment ce site pilote peut-il convaincre à l’échelle locale » suggère Sylvie. Finalement on s’accordera sur une affirmation à la fois plus polémique et plus alambiquée. Une autre piste de réflexion apparaît à l’initiative de Luc, pour lequel : « Notre démarche peut conduire les enfants à influencer leurs parents, dans leurs achats comme dans leur alimentation ». Un constat qui devient postulat : « la démarche pédagogique d’un centre de loisir influence certains choix alimentaires des enfants et de leurs famille ».

Deux heures de discussion animées ont permis d’aboutir à la formulation de trois items, trois pistes de réflexion pour alimenter le débat régional.

1 commentaire

  1. [...] production d’items, ce qui dans le jargon QSEC désigne les problématiques que les groupes font émerger au moyen de libellés [...]

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