Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
11
avr
Entre agriculture conventionnelle et agriculture bio, une soirée d’écoute et de dialogue !

Le groupe du Café-Débat de Saint-Quentin-en-Yvelines se retrouve ce soir-là chez une de ses participantes, Elisabeth, pour recevoir Caroline Petit, chercheuse à l’INRA venue présenter ses travaux à l’invitation de Claire l’animatrice du groupe.

Avant de commencer son exposé Caroline Petit, interroge le groupe : êtes-vous consommateur de bio au moins une fois par mois ?

Chacun précise sa forme de consommation et de régularité face au bio… et chacun consomme tout en ayant du mal à définir précisément un rythme. Jean-Paul se demande alors si l’on pourrait consommer bio sans même s’en rendre compte !

Caroline Petit insiste sur des chiffres pour cadrer les échanges : 25% des personnes consomment bio au moins une fois par mois, et explique aussi que nous ne sommes pas auto-suffisants dans ce domaine et que les importations représentent 30% de notre consommation de produits bio.
La chercheuse de l’INRA présente ensuite certains points de sa recherche actuelle concernant les transitions de l’agriculture conventionnelle vers l’agriculture biologique et les interactions entre système de production, système de commercialisation et la contribution au développement de l’AB dans les aires d’alimentation de captage.

Jean-Jacques interroge la chercheuse sur le point de départ de la dégradation de l’eau potable. Caroline Petit explique alorsles fonctionnements de ses zones de captage et le rôle tenu par l’agriculture sur la qualité des eaux concernées.
C’est au tour de Marie-Odile de lui poser une question concernant les pratiques qui sont développées dans ces périmètres. La chercheuse décrit la diversité des pratiques actuelles, les systèmes de protections qui y sont développés et ceux qui devraient l’être.
Toujours pour cadrer sa recherche, Caroline Petit indique que sur la région parisienne parmi les 5300 exploitations agricoles on ne compte que 120 exploitations bio.

Jean-Paul s’interroge alors sur la rentabilité du bio pour expliquer cette différence, ce n’est pas rentable ? demande-t-il à la chercheuse. Elle répond en montrant à travers l’exemple de la tomate, le fonctionnement des transitions entre l’agriculture conventionnelle et l’agriculture biologique et le rôle tenu par les changements techniques et commerciaux notamment sur l’établissement des prix.
Jean-Jacques reprend cet exemple de la tomate pour s’interroger sur l’attachement des consommateurs pour les produits calibrés même si finalement il précise que c’est dans la bouche que se fait le véritable tri.

Caroline Petit présente ensuite les perspectives et les conclusions de ses recherches :
› Les opportunités de débouchés variables selon les territoires pour des cultures à intérêt agronomique en AB ;
› La diversité des formes de transition vers l’AB et des stratégies techniques développées par les agriculteurs ;
› La diversité des modes d’organisation des organismes stockeurs en grandes cultures et enfin l’importance des aspects organisationnels et logistiques dans les conversions.

Des conclusions qui se poursuivent par un véritable jeu de questions/réponses entre la chercheuse et les participants du groupe.

Marie Odile l’interroge sur les raisons qui poussent ceux qui commencent à se rapprocher du bio et sur les freins qui peuvent les empêcher de s’y investir totalement et Jean-Jacques note qu’une des raisons peut être que la production bio est moins importante que la production intensive.
Viennent ensuite des questions sur l’agriculture raisonnée, une agriculture qui agit en fonction des risques, note Marie Odile.

Alex s’intéresse à la question des aides européennes et de leur rôle dans l’état actuel de la répartition entre l’agriculture traditionnelle et l’agriculture bio. Il s’interroge d’ailleurs également sur le rôle que pourrait jouer le levier des aides sur le développement de l’agriculture bio.

Les discussions se poursuivent ainsi grâce aux relances de Caroline Petit dans un dialogue où chacun apporte ses interrogations mais aussi ses connaissances pour former des trames de réponses à cette question de la transition vers une agriculture bio.

Pour aller plus loin :

› Le pavé dans la mare de Gil Rivière-Wekstein interviewé sur LePoint.fr

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