Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
24
mai
Mama-miamiam !

C’est dans le restaurant « La Mama » à Poissy que l’on me donne rendez-vous. Je monte à l’étage, en proie à de vives émotions. Je me demande ce qui peut bien se cacher au-delà de l’escalier. Aujourd’hui c’est donc dans une pizzeria que nous nous retrouvons, autour d’une table,. Didier Torny, directeur de recherche et sociologue à l’INRA est notre intervenant du jour. Alors que les habitants d’Andrésy rencontraient un économiste (Olivier Allais) le 10 mai 2011, arrive ici son opposant.

Le thème de la réunion est vaste et promet d’être gourmand : production, commercialisation, réglementation, l’alimentation dans toutes ses dimensions. Didier Torny nous présente dans un premier temps le sujet : entre pratiques et habitudes alimentaires, étiquetages et labels, alertes, crises, normes et limites, on se pose la question de la personne, perdu au milieu de toutes ces données. « Est-ce que les français ça existe ? » demande-t-on. Finalement, même d’un point de vue sociologique la question se fait entendre, il est vrai que comme à chaque fois, les schéma défilent on se reconnait mal dans ce « consommateur ».

Les pizzas arrivent, l’attention dérive.

Alors que le sociologue explique son étude sur le sel, et tente avec difficulté d’avoir lui aussi sa part de pizza, une des membres s’écrie alors « Je ne pensais pas que tu pouvais parler et manger en même temps ! », on rit franchement, l’ambiance se détend immédiatement. Je me sens tout à coup interpellée, Paris Hilton fait l’objet d’une discussion sur l’alimentation. Tout le monde semble maintenant incontestablement « trop » détendu : « Paris Hilton, grande sociologue devant l’éternel nous a dit un jour : « seuls les obèses boivent des boissons light !« , nous confie Didier Torny.

On aborde des sujets plus concrets que les talents de Paris Hilton et on nous parle « prévention du risque », expression estimée barbare par Didier Torny. En effet il serait, pour lui, plus juste de parler de perception du risque. En bon élèves on note que le geste le plus important reste de nettoyer son frigo, autant que de se laver les mains.

Alors que l’on discute des différents aspects alimentaires selon les religions, d’autres pizzas arrivent. Entre deux parts commence la bataille du camembert : est-il fabriqué en ou de Normandie ? Question qui se révèle l’objet d’un véritable échange : « Le camembert milcro-filtré ! Vous allez me dire qu’est-ce que c’est que ce truc ?! », désignation bien barbare pour parler de retirer les germes d’un fromage, en effet. Après avoir bavé spirituellement sur des fromages viennent les questions.

Reviens la question du fromage, toujours le sujet de prédilection de notre petit groupe et je m’accorde à la conclusion générale : « Le fromage est beaucoup plus addictif que l’alcool et la cigarette. ». On se parle de la fiabilité des informations que l’on nous donne, les OGM, la vache folle, pour finalement en arriver aux désherbants. Quel rapport me direz-vous ? En alimentation il faut toujours retourner à la source, à la production et cela semble être une inquiétude unanime. Le bio, l’agriculture, le pastoralisme à nouveau en vogue, les plantes et des confessions sur le pouvoir des orties pour guérir les lumbagos, l’ambiance est détendue et joviale.

Une membre pose la question des fruits et légumes de saison : « Tout le monde ne connait pas les périodes de récoltes… » et c’est dans un joyeux brouhaha qu’on lui répond. Il y a certainement, en effet, un manque d’information.

Alors qu’il est l’heure pour Didier Torny de prendre son train, on termine en parlant de chocolat. Point de meilleur sujet que celui-ci pour conclure ce débat. Chacun rentre chez soi, avec des histoires de camembert plein la tête et la recette de la soupe d’orties.

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