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01
mar
Compte-rendu de séance : le groupe CLIC Rivage #3

Vous trouverez ci-dessus le compte-rendu rédigé suite à la séance du groupe CLIC Rivage à Melun, le 1 mars 2011.
Leur thématique : est-il possible de se nourrir de façon saine et équilibrée ?

Le compte-rendu :

TROISIEME REUNION DU GROUPE CLIC RIVAGE
Melun, le Mardi 1er mars 2011.

Répondant à l’invitation de Terre Avenir pour le compte de CLIC Rivage, 10 personnes se sont réunies à 10h dans la salle Alpha de la Maison Jean XXIII de Melun.

D’origine géographique différente, de Melun ou des communes alentours, ce groupe a accueilli 6 femmes et 4 hommes, et a été accompagné, pour cette troisième réunion, par Valérie Adt, Psychosociologue, qui est intervenue sur le thème « Crises et peurs alimentaires, informations anxiogènes : un mangeur ne
sachant que pAnser».

Cette réunion était pilotée par Sophie Ferté, de l’association Terre avenir, qui coordonne le projet QSEC (Question de Sciences, Enjeux Citoyens) pour la Seine et Marne, projet qui consiste à réfléchir, échanger, et s’informer sur le thème de l’ALIMENTATION au travers de réunions de groupes de citoyens d’âge, d’origine, de culture et d’activités différents.

Dans un premier temps, un tour de table a permis à Valérie Adt d’appréhender les attentes du groupe.
Puis, sur proposition de Sophie Ferté, Daniel Bouvart a présenté une restitution synthétique de l’enquête d’Isabelle Saporta « Manger peut-il nuire à notre santé » diffusée sur France 3 le 16 février 2011 et qui s’inscrit dans le thème des risques alimentaires.
Quatre filières alimentaires ont été investiguées : pomme, pain, porc et saumon. Bien que des analyses aient été effectuées dans des Centres Indépendants dont les résultats ne peuvent pas être mis en cause, l’argumentation n’était pas équilibrée car orientée en insistant sur les aspects négatifs des produits de ces filières sans en rappeler les aspects positifs.

Notions permettant de prendre du recul pour l’analyse critique des informations reçues :
Valérie Adt a considéré que cette présentation était une bonne introduction à la problématique suivante : d’un côté, il existe une liberté d’expression, et de l’autre, pour la liberté de réception, il faut analyser l’information reçue. Il faut prendre du recul, sortir du cadre.

Après avoir indiqué que pAnser s’écrivait pEnser en vieux français (en particulier pour ce qui se rapporte à un cheval), la notion de « pensée magique » a été introduite : il s’agit d’un principe d’incorporation en vertu duquel « on est ce que l’on mange ». Le principe de contagion se rapporte à la transformation par contact et, pour le principe de similitude, l’image correspond à l’objet.

L’être humain étant omnivore a une contrainte à la variété alimentaire. Il doit trouver un nouvel aliment quand il en manque un (on parle de néophilie). L’homme a une appétence naturelle pour le sucre et le gras, et une aversion naturelle pour les légumes peu nourrissants (on parle de néophobie).

OCNI : Objet Comestible Non Identifié: idée selon laquelle on ne sait plus ce que l’on mange (manque de traçabilité).
La sécurité alimentaire intègre la santé animale, la chaîne de production, et les manipulations (réfrigérateur, conservation).

Le modèle alimentaire est culturel : il se transmet. La France et le Japon sont les deux pays au monde qui obtiennent les meilleurs résultats en nutrition, car dans leur modèle alimentaire, on pense plaisir avant de penser nutriment.
Les données les plus fiables sur la corpulence en France sont issues de l’Institut Français du Textile et de l’Habillement IFTH. Ils ont procédé à des mesures tridimensionnelles sur un grand nombre d’individus, et les résultats sont au-dessous des données épidémiologiques.

Notion de « comensable » : manger ensemble, autour de la table. En France, on mange assis et on prend son temps pour manger (notion de synchronisme alimentaire 57% des français sont à table à 12h30 alors qu’en Angleterre, 17,5% des anglais sont à table à 13h10). Les anglo-saxons mangent seuls en pensant à leur équilibre alimentaire.

Cacophonie alimentaire : émission/réception :

Loi de Santé Publique : Programme National Nutrition Santé PNNS : les média font le tri dans les informations qu’ils nous transmettent. A titre d’exemple, bien que la taxation des produits gras ait été rejetée, aucune information à ce propos ne nous a été rapportée.

Approche produit : l’aliment en tant qu’objet ne doit être isolé ni de son contexte socio-culturel et familial, ni de l’individu. Et pourtant, un titre de presse sur 5 ne procède pas à cette approche globale.

En France, on ne mange pas avec n’importe qui, n’importe quoi, n’importe quand.

Enfin, la critique des régimes alimentaires est unanime : on mémorise la privation. Quand on arrête le régime, on reprend du poids.

En conclusion :

1. Pour procéder à une analyse critique sur la nutrition comme pour d’autres domaines, il faut croiser les sources d’information
2. Il faut se méfier des informations véhiculées qui sont souvent orientées en insistant sur les aspects négatifs sans aborder de manière contradictoire les aspects positifs
3. Le modèle alimentaire français est une référence : alimentation variée, convivialité, synchronisme alimentaire. Ce modèle doit être protégé
4. Le modèle alimentaire est culturel, il se transmet, d’où la nécessité d’éduquer très tôt les enfants pour qu’ils ne se situent pas uniquement au niveau de l’appétence naturelle pour le sucre et le gras mais qu’ils apprécient aussi les légumes peu nourissants certes mais nécessaires à l’équilibre global

Le rédacteur :
Daniel Bouvart

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