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Saison 2012-13 : La mémoire
15
mar
Compte-rendu de séance : le groupe CLIC Rivage #4

Vous trouverez ci-dessus le compte-rendu rédigé suite à la séance du groupe CLIC Rivage à Melun, le 15 mars 2011.
Leur thématique : est-il possible de se nourrir de façon saine et équilibrée ?

Le compte-rendu :

QUATRIEME REUNION DU GROUPE CLIC RIVAGE
Brie-Comte-Robert, le Mardi 15 mars 2011.

Répondant à l’invitation de l’association Terre Avenir pour le compte de CLIC Rivage, 8 personnes se sont réunies à 10h au Lycée Agricole de Bougainville de Brie-Comte- Robert.

D’origine géographique différente, de Melun ou des communes alentours, ce groupe a accueilli 4 femmes et 4 hommes, et a été accompagné, pour cette quatrième réunion, par Samuel Quinton, Enseignant d’Agronomie, qui est intervenu sur le thème « Se nourrir sainement et de façon équilibrée». Samuel QUINTON a abordé successivement l’historique sur l’évolution de l’agriculture en France, les procédures d’homologation des produits phytosanitaires et la diminution du recours aux produits chimiques de synthèse illustrée par une présentation des activités du Lycée Agricole de Bougainville sur ce thème.

Cette réunion était pilotée par Sophie Ferté, de l’association Terre avenir, qui coordonne le projet QSEC (Question de Sciences, Enjeux Citoyens) pour la Seine et Marne, projet qui consiste à réfléchir, échanger, et s’informer sur le thème de l’ALIMENTATION au travers de réunions de groupes de citoyens d’âge, d’origine, de culture et d’activités différents.

Evolution de l’Agriculture en France :

Après une commentaire introductif sur « L’alimentation, un sujet qui fait peur » de par les scandales sanitaires récents (crise de la vache folle, algues vertes, OGM…), Samuel Quinton a abordé la réussite et les échecs de la politique agricole en France.

Manger sainement à la fin de la deuxième guerre mondiale signifiait manger suffisamment car à cette époque, il y avait pénurie de nourriture. L’objectif était de faire du rendement quels que soient les coûts et les impacts environnementaux.
Cela a été une réussite pour les consommateurs : l’alimentation a été disponible en quantité suffisante, la qualité était maîtrisée, et à un coût abordable.
Cela a été une réussite pour les agriculteurs : bien qu’il y ait eu des retards pour leur niveau de vie, la subvention a permis de réduire les écarts.
L’agriculture est une arme économique : cela permet à la France une certaine autonomie. Le monde agricole exporte, la France étant la première puissance agricole Européenne.

Mais on a tellement produit que l’on a surproduit (cas du lait à certaines périodes), et les stocks coûtent cher.
Beaucoup de valeur ajoutée tombe chez les intermédiaires de grandes surfaces avec leur quatre Centrales d’Achats. Chez les agriculteurs, il y a eu une course à l’agrandissement (surface agricole moyenne en Seine et Marne : 156 hectares), ce qui entraîne des soucis d’installation pour les jeunes agriculteurs.
L’environnement a été impacté : pollution des cours d’eau par les nitrates et les produits phytosanitaires. Il s’est produit une diminution de la biodiversité pour faire croître les rendements : augmentation des surfaces agricoles, simplification des espèces cultivées. Les effets de serre ont été accrus par émission de méthane.

Alternatives à ce modèle :

Sommet de Rio :
En 1992 a été défini le concept de développement durable : « Le développement qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures à répondre à leurs propres besoins ». Trois axes ont été définis : durabilité environnementale, économique, social.

Agriculture biologique :
On s’interdit les traitements chimiques de synthèse et les OGM. L’agriculture biologique comporte un aspect social dont l’objectif est de repeupler les campagnes et de renforcer le lien avec les producteurs (concept développé dans les années 1970).
Remarque : l’intérêt des OGM est controversé car il n’y a pas de gain de production significatif, mais cela permet à Monsanto de vendre son produit de traitement Round Up auquel les OGM résistent.

Agriculture raisonnée :
Mise au point par les organisations professionnelles et l’industrie phytopharmaceutique, il s’agit d’assurer le rendement maximum en optimisant les traitements et les coûts (mettre le bon produit au bon moment dans les bonnes quantités).
Exemple : fertilisation azotée en prenant en compte l’azote déjà présent dans le sol et en fractionnant cet apport d’azote.

Agriculture intégrée :
Mise au point par les chercheurs dans les années 1980 : assurer le rendement le plus important possible tout en limitant au maximum le recours aux intrans (fertilisants et produits phytosanitaires). L’environnement est prioritaire, puis vient l’aspect économique. Le volet social n’est pas abordé.

Agriculture de conservation :
On ne fait plus de labours, on procède à une rotation des cultures avec une couverture végétale permanente pour éviter les advantis (« mauvaises herbes »).

Agriculture de précision :
Recours aux technologies de l’information pour limiter le recours aux intrans (traitement ciblé de parcelles élémentaires en fonction de la qualité des sols en s’appuyant sur la technologie GPS).

Produits Phytosanitaires :
Produit chimique naturel ou de synthèse pour aider les plantes à se développer (fongicides, herbicides…). Leur utilisation est liée au progrès agricole, car elle permet la mécanisation ainsi qu’une forte hausse de rendements. A titre d’exemple, les rendements de blé étaient de 15 quintaux à l’hectare en 1950 alors qu’ils atteignent 80 quintaux à l’hectare dans les années 2000.
Limites : le coût de ces produits est en forte augmentation. D’autre part, on les retrouve dans les nappes phréatiques.

Procédures d’homologation :
La législation permet de garantir l’efficacité, l’innocuité et la conformité du produit. La garantie est assurée sur une période de 10 ans renouvelable. Elle s’appuie sur des dossiers toxicologique et biologique pour prouver l’intérêt des traitements. Cette évaluation est faite au niveau National et Européen.

Dossier toxicologique :
Citer la présence d’un composant toxique dans un aliment n’a aucune signification si on n’y associe pas une concentration. « Toutes les choses sont poison, et rien n’et sans poison, seule la dose fait qu’une chose n’est pas un poison » (Citation de Paracelse, médecin suisse du 16ème siècle).

Dossier biologique :
On définit la dose létale 50 (qui tue 50 % des animaux expérimentés à qui on l’administre). La dose sans effet DES est la dose ingérée en continu qui ne produit aucun effet sur l’animal. La dose journalière admissible DJA est la dose journalière dépourvue de risque pour la santé de l’homme.
L’agriculteur est le grand oublié des média qui ne s’intéresse qu’au consommateur.
L’agriculteur est pourtant le premier à être soumis aux maladies professionnelles (Parkinson, lymphome…).

Tour de plaine et discussions autour des innovations techniques mises en place par le Lycée de Bougainville de Brie Comte Robert :

1. Visite d’une parcelle de culture de Colza ayant été préalablement ensemencé de culture de lentilles pour coloniser les sols afin de limiter le prolifération d’advantis. Pendant l’hiver, les plans de lentilles gèlent avant la montée du Colza laissant sur place des résidus azotés fertilisants naturels pour le Colza.
2. Présentation de plusieurs parcelles destinées à étudier diverses variétés de blé permettant d’apprécier les rendements, l’adéquation à la nature du sol, la résistance aux maladies…
3. Visite d’une parcelle de culture de maïs sans labour . Les labours détruisent la vie animale (insectes, verres de terre… qui aèrent la terre) entraînant à terme un appauvrissement des sols. Labourer coûte cher en énergie. Après récolte, les restes de maïs (feuilles et tiges) sont laissés sur place pour décomposition naturelle, et on procède à une rotation des cultures.

Le rédacteur :
Daniel Bouvart

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