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Saison 2012-13 : La mémoire
05
avr
Compte-rendu de séance : le groupe CLIC Rivage #5

Vous trouverez ci-dessus le compte-rendu rédigé suite à la séance du groupe CLIC Rivage à Melun, le 5 avril 2011.
Leur thématique : est-il possible de se nourrir de façon saine et équilibrée ?

Le compte-rendu :

CINQUIEME REUNION DU GROUPE CLIC RIVAGE
Versailles, le Mardi 5 avril 2011.

Répondant à l’invitation de l’association Terre Avenir pour le compte de CLIC Rivage, 6 personnes du groupe QSEC associé à l’Université Interages de Melun se sont rendues à 7h30 à Lumigny pour se joindre à un groupe d’agriculteurs catholiques de Seine et Marne, la destination commune étant l’INRA de Versailles – Grignon.

L’ensemble du groupe fort d’une cinquantaine de personnes a assisté à un programme d’exposés et de visites organisé par Serge Grégoire, chargé de communication à l’INRA, sur le thème « Les réponses de l’agronomie aux besoins alimentaires de demain».

Cette réunion était pilotée par Marie-Christine Garno, de l’association Terre avenir, qui avec Sophie Ferté coordonne le projet QSEC (Question de Sciences, Enjeux Citoyens) pour la Seine et Marne, projet qui consiste à réfléchir, échanger, et s’informer sur le thème de l’ALIMENTATION au travers de réunions de groupes de citoyens d’âge, d’origine, de culture et d’activités différents.

Présentation de l’INRA :

Serge Grégoire a informé l’auditoire que l’INRA a été crée en 1946 avec comme principale mission la modernisation de l’agriculture et l’accroissement de la production pour une nourriture à un prix raisonnable. L’indépendance alimentaire de la France a été obtenue depuis le début des années 1970 (énergie exceptée).
L’INRA est un Etablissement Public rattaché au Ministère de l’Agriculture et à celui de l’Enseignement et de la Recherche. Il rassemble 8500 personnes réparties en 19 centres mutualisés, son budget annuel s’élevant à 750 M€.

L’INRA est le premier Institut Européen, et le deuxième au niveau mondial après les Etats-Unis.

Les axes de Recherche de l’INRA Versailles – Grignon concernent :
- l’innovation, la production agricole et l’environnement et l’agriculture,
- la génomique végétale et la biologie intégrative,
- la santé humaine, la microbiologie et la qualité des aliments.

Systèmes de cultures durables et intégrés :

Christophe Montagné a présenté un essai de longue durée en cours sur des systèmes de culture économiquement viables, écologiquement respectueux, et socialement acceptables. Différents systèmes sont cultivés sur des parcelles d’un demi hectare chacune, chaque parcelle étant séparée en deux de telle sorte que l’on ait du blé en permanence sur une des deux parcelles permettant ainsi d’avoir un traceur climatique. Une visite des parcelles a permis de visualiser les cultures de blé d’hiver visant soit des rendements maximum (80 à 95 quintaux à l’hectare, coûteux), soit une production plus faible (60 à 80 quintaux à l’hectare, coûts réduits car économie d’intrants), les systèmes de cultures séquencées « colza – blé – pois – blé », les systèmes sous couvert végétal, les systèmes bio…

Une autre partie a été consacrée à la visite de 42 parcelles mises en place en 1928 pour l’axe environnement, l’objectif étant d’étudier les effets d’introduction des engrais sur la structure du sol (pas de culture, deux recharges par an, ajout de chaux ou de fumure ou d’azote ou parcelles vierges en tant que témoin).

Recyclage des produits résiduaires organiques et des pesticides en agriculture :

Cette activité a été présentée par Pierre Benoit d’Agro Paris Tech, trois équipes du site de Grignon travaillant sur les plantes, le sol et les atmosphères.
Cette étude est destinée à participer à un projet de Directive Européenne pour la protection des sols. Elle est réalisée à Feucherolle (78) sur 6 hectares. Les traitements sont les suivants :
- compost de biodéchets (ordures ménagères fermentées) BIO
- compost de déchets verts + boues (+ agents structurants) DVB
- compost d’ordures ménagères résiduelles OMR
- fumier bovin FUM
- témoin TEM

Les essais au champ sont croisés avec 2 niveaux de fertilisation. Les rotations se font en blé, maïs et orge, avec un épandage tous les 2 ans. Des relevés météorologiques complets sont réalisés, et un suivi du fonctionnement hydrodynamique des parcelles est rendu possible grâce à des bougies poreuses enfouies à des profondeurs de 28 centimètres à 1 mètre.

Un nouveau projet est en cours de montage pour étudier les effets d’autres produits résiduaires tels que les médicaments, les hormones et les perturbateurs endocriniens.

Impact et gestion transgéniques :

Sans prendre position pour ou contre les Organismes Génétiquement Modifiés (OGM), Frédérique Angevin a fait un inventaire assez impressionnant des domaines d’application des OGM avant de parler de l’impact des OGM sur l’agriculture et l’environnement.

Domaines d’application des OGM :

Les domaines d’application sont multiples :
- en agronomie : résistance aux insectes, aux maladies, soja résistant au Round Up
- riz doré à forte teneur en vitamine A
- tomates à mûrissement lent : conservation après cueillette
- transformation agro-alimentaire : pour les pommes de terre, diminution de la rétention d’huile
- santé : produits sanguins
- industrie de la pâte à papier : peupliers avec moins de lignine permettant de réduire les traitements chimiques
- maïs Monsanto 810 : pour éradiquer les 3 types de pyrales colonisant les tiges et les épis (il y en a 100 000 hectares en Espagne, région de Catalogne)
- on peut aussi cumuler les propriétés d’herbicides et de pesticide par le tout génétique
- en Australie, blé OGM résistant à la sécheresse
- transgénèse pour production d’insuline, d’hormone de croissance, de vaccin contre l’hépatite, la rage…
- traitements de la maladie de Parkinson, production de protéine P11 pour traiter les dépressions sévères
- production de biocarburants
- sur le chevreau au Brésil : protéines immuno stimulantes contre le cancer
- lait hypo – allergisant
- Enviropig (cochon moins polluant) : modification des glandes salivaires pour la digestion du Phosphore

Ces applications concernent les USA et le Brésil pour les 4 cultures principales, l’Argentine pour le soja résistant aux herbicides, les pays en voie de développement pour le maïs (contre la pyrale) et le coton (remplacement des pesticides), l’Espagne pour le colza résistant aux herbicides et le maïs pour se protéger de la pyrale. Les enjeux économiques sont énormes. Le revers de la médaille est que les agriculteurs deviennent fortement dépendant des industriels.

Alimentation humaine :
Les cultures OGM sont interdites en France depuis 2008, mais le maïs doux génétiquement modifié est autorisé en importation. Sont aussi autorisés en importation les produits Génétiquement Modifiés suivants :
- huiles végétales : colza
- coton
- semoules de maïs
- sauce soja
- crèmes dessert soja

Alimentation animale :
Principalement le tourteau de soja.

Risques de dissémination dans l’environnement des OGM :
En France, seules les études sur l’impact écologique de coexistence OGM – non OGM sont financées par les pouvoirs publics.
Il existe des risques spécifiques : dissémination du transgène chez d’autres espèces, toxicité, allergénicité, apparition de résistance chez les ravageurs combattus.
Dans le cas du colza génétiquement modifié, le pollen va envahir le colza non OGM ou peupler les bords des champs avec un risque élevé de passage du transgène à d’autres espèces apparentées. Il peut y avoir des perturbations des équilibres entre populations d’insectes (comment vivent les insectes qui mangent la pyrale ?).

En conclusion sur les OGM :
Les risques sont différents pour un soja résistant aux herbicides, un colza résistant aux insectes, et un maïs produisant des médicaments. Il n’y a pas un OGM mais des OGM dont les risques sont à évaluer spécifiquement.
Remplacer les pesticides par la transgénèse : c’est une solution parmi toute une panoplie. Quand on a une innovation (la transgénèse permet de diminuer les temps de création de 3 à 4 ans), il faut l’utiliser comme une solution possible, mais pas comme la solution miracle.

Le rédacteur :
Daniel Bouvart

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