Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
02
nov
Mobilisation générale !


Anna Mezey
a transformé son bureau  en poste de commandement. Depuis les locaux de F93 à Montreuil, elle a décrété la mobilisation générale en Seine-Saint Denis. Elle multiplie les appels aux citoyens et aux associations qu’elle invite à participer à la troisième saison du projet QSEC. Volontaires de tout le neuf-trois engagez-vous !

La jeune femme en est à sa deuxième saison. Mais au lieu de simplement reconduire les groupes avec lesquels elle a déjà travaillé, elle a opté pour le renouvellement complet des troupes.

«C’est toujours plus intéressant d’élargir, d’aller vers des structures ou des villes avec lesquelles nous n’avons pas l’habitude de travailler. Cela nous permet d’étendre la participation au projet QSEC, mais aussi à F93 de créer de nouveaux partenariats » précise la chargée de projet.



Mais précisément, comment fait-elle pour recruter des groupes ?


Alors qu’elle s’apprête à répondre, la sonnerie de son téléphone l’interrompt. Elle décroche, s’entretient quelques instants avec son interlocutrice avec laquelle elle convient d’une date avant de raccrocher. « Voilà un rendez-vous QSEC ! » s’exclame-t-elle avant d’expliquer : «J’ai entendu parler d’une association de femmes du troisième âge qui souhaitent vivent leur retraite de manière solidaire et alternative au sein d’une structure autogérée : la maison des babayagas . A tout hasard je leur ai écrit vendredi dernier  pour leur présenter le projet QSEC et leur demander si elles souhaitaient s’associer à une réflexion sur la thématique de l’argent. C’est leur présidente qui vient de me rappeler : elle est enthousiaste et rendez-vous est pris pour le 4 novembre pour en discuter. Tout s’est décidé en trois jours ! ».

Hélas, ça ne se passe pas toujours aussi vite. « Il peut s’écouler un mois entre le premier contact et un rendez-vous. Généralement j’envoie un premier mail, puis je relance au téléphone, une ou deux fois, avant d’obtenir, au bout de quinze jours, un premier rendez-vous au cours duquel il faut souvent que je démontre que le projet à un réel intérêt. Je ne comprends pas toujours les réticences et les hésitations de mes interlocuteurs : QSEC leur offre, gratuitement, un moyen de voir, d’être vu, d’échanger avec d’autres. Nous leur apportons outils et moyens, en leur demandant simplement d’être motivés pour donner leur avis, exprimer leurs idées, se faire entendre. Ils devraient sauter sur l’occasion au lieu de demander à être convaincus » déplore Anna. Mais à force de ténacité, petit à petit les groupes se mettent en place.

« J’ai changé de stratégie, raconte l’animatrice. J’ai identifié cinq à dix structures et je me concentre sur une ou deux à la fois pour le suivi, au lieu, comme l’année dernière de solliciter des dizaines de groupes sans avoir le temps de les relancer ». Il faut dire que le calendrier est serré. «Nous sommes fin octobre et je n’ai pas encore rencontré les responsables des groupes. Cceux-ci doivent être constitués d’ici décembre afin de pouvoir débuter réellement le parcours en janvier ».

Car pour débuter leur parcours, il faut que les groupes se réunissent, choisissent une problématique et décident du type d’interventions qu’ils souhaitent : visites, rencontres d’experts, chercheurs ou professionnels, conférences, débats… « Sans connaître les souhaits des groupes, je ne peux pas contacter d’intervenants » souligne Anna qui ajoute qu’en raison de l’actualité les spécialistes des questions d’argent risquent d’être assez sollicités… «Mais cette actualité joue aussi en notre faveur, souligne-t-elle. Plus que jamais les citoyens questionnent le système et le rôle des banques. QSEC peut aussi être l’occasion de faire émerger des alternatives, d’examiner d’autres voies et de redonner un peu d’espoir ».

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