Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
25
mai

Les enfants d’Achères

Le groupe QSEC de la maison de quartier Jules Verne à Achères est constitué d’une cinquantaine d’enfants, de 9 à 12 ans. Leur réflexion porte sur « la richesse et les inégalités de richesse des enfants du monde ». Et aujourd’hui ils reçoivent la visite de Jean-Marie Duprat, responsable plaidoyer du Comité des Yvelines de l’Unicef France, venu leurs parler des droits de l’enfant.

Celui-ci commence par se présenter, en voisin de Marly-le-Roi et en qualité de « papy retraité ». Il leur explique comment, en vendant des cartes postales, il est devenu bénévole pour l’Unicef. Quand il demande aux enfants ce que signifie ce nom, les réponses ne se font pas attendre : « ça veut dire qu’on est unis » affirme un jeune garçon. « On est des bénévoles pour donner des jouets aux enfants » déclare une jeune fille.
Tout au long de son intervention Jean-Marie fait intervenir les enfants, leur donne la parole, sollicite leurs interventions. Sa question : « est-ce que vous savez ce que sont les droits des enfants ? » est saluée par des dizaines de mains levées et tout autant de réponses.

On évoque tour à tour, le droit d’aller à l’école, le droit d’aller chez le médecin, le droit à la nationalité, le droit à une maison, le droit d’aller dormir, le droit de donner des jouets à d’autres enfants, le droit à la protection… L’intervenant rebondit sur chacune de ces propositions pour évoquer les questions d’éducation, de santé mais aussi le travail forcé, la réduction en esclavage, les enfants soldats, les reconduites aux frontières, l’identité, la discrimination… Une quinzaine d’affiches sur les murs de la salle illustrent ces thématiques. Si les enfants gloussent quand l’orateur évoque l’exploitation sexuelle ou l’accès aux latrines, ils sont attentifs sur l’ensemble des sujets abordés. On les sent concernés. Ils parlent des reportages qu’ils ont pu voir et racontent même leurs propres expériences.
Devant le feu roulant de questions, Jean-Marie peine à lancer la projection d’un film sur les droits de l’enfant dans le monde.

Le silence qui accompagne la projection est interrompu par un tonnerre d’applaudissements à la fin du film. Et inlassablement les questions reprennent :
-Est-ce que les enfants peuvent attraper le Sida ?
-C’est quoi le CIDE ?
-C’est quoi le paludisme ?
-Est-ce qu’un enfant peut aller en prison ?
-Est-ce qu’on a les yeux ouverts quand on dort ?
-Peut-on mourir avec l’eau ?
-Il y a combien de pays qui sont pauvres ?
Jean-Marie Duprat s’efforce de répondre à chacun, mais est dépassé par le nombre et la diversité des interrogations. Quand on lui demande de décrire les dangers de la mouche Tsé Tsé ou l’intérêt des latrines séparées, il est contraint de botter en touche.
Il conclut la séance par la projection du clip Paris-Africa.


Paris-Africa : découvrez le clip des Ricochets ! par unicef

Les enfants chantent et tapent des mains. Pour Chaïma, 10 ans, une chose est sûre, quand elle sera grande, elle sera bénévole de l’UNICEF !

Le groupe des enfants d’Achères a-t-il oublié son sujet ? D’argent il n’a jamais été question. Mais après tout il n’est de richesse que d’hommes et les droits de l’enfant ne sont-ils pas les meilleurs garants d’une humanité fortunée ?

26
jan

Achères se mobilise pour QSEC

La salle des mariages de l’Hôtel de Ville d’Achères, dans les Yvelines, abrite aujourd’hui une bien curieuse cérémonie : la constitution de groupes QSEC !

A l’invitation de Stéphanie Thévenet chargée de développement social à la Mairie, des représentants de l’ensemble de la population achéroise, de la petite enfance aux maisons de retraites, se sont réunis, ce 18 janvier 2012, pour constituer des groupes de citoyens qui débattront toute l’année autour de l’argent. Des représentants de maisons de quartiers, de groupes de femmes, de foyers de personnes âgées, de l’épicerie sociale et solidaire et de différents services de la ville : jeunesse et sport, action sociale, réussite éducative… explorent ensemble, avec l’appui de Claire et Daniela, du Parc aux Etoiles, les pistes de réflexion possibles autour du thème de l’argent. Elles sont nombreuses.

Volontairement provocatrice Farida, qui coordonne le dispositif de réussite éducative de la ville, suggère la question suivante : «comment je peux me faire un peu de thune ?». Claire, dans son rôle d’animatrice, tempère le propos qui selon elle s’éloigne un peu des enjeux de citoyenneté. Farida insiste : elle côtoie quotidiennement des hommes et des femmes qui n’ont que 800 € par mois et ne savent pas comment tirer profit de leurs divers talents. Le débat peut leur donner des clés, des idées, les aider… Coralie, qui dirige l’épicerie sociale et solidaire, abonde dans son sens : «nous avons déjà constitué des groupes de parole et questionné les besoins des utilisateurs de l’épicerie. Ils n’ont pas vraiment besoin d’apprendre à gérer leur budget, mais plutôt de discuter ensemble des trucs et astuces de chacun pour trouver de nouvelles ressources. La parole est une nécessité ».

Toute la difficulté, notent les participants, va être de trouver le bon sujet. Marielle, de la direction jeunesse et sports d’Achères, relève la grande liberté que laisse le projet : la possibilité de s’appuyer sur des supports vidéos ou des livres, la diversité des intervenants possibles… Des suggestions fusent : un trader, un rappeur milliardaire, une agence de notation… Stéphanie propose de constituer deux groupes distincts : l’un avec les enfants des maisons de quartier, l’autre constitué du public adulte. Paul, responsable de la maison Jules Verne, trouve délicat d’aborder frontalement le sujet de l’argent avec des enfants âgés de 6 à 12 ans : « Je pense que nous allons plutôt axer notre réflexion sur la consommation, la richesse, les valeurs, et éviter ce mot ». A l’autre bout de la table, côté adultes, on évoque pêle-mêle les signes extérieurs de richesse, les jeux d’argent, l’argent fantasmé, la solidarité internationale, l’argent et le sport

Impossible de s’arrêter sur un thème précis, Stéphanie propose d’accorder à tous une semaine de réflexion supplémentaire. Ainsi chacun pourra consulter les publics concernés et choisir la thématique la plus fédératrice. Si adultes et enfants mèneront deux réflexions distinctes, l’idée de les réunir au moins une fois s’impose d’elle-même. Peut-être à l’occasion d’un loto, d’une soirée casino ou d’une gigantesque partie de poker rassemblant juniors et séniors…