Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
03
fév
A Melun, crise de caddies et revenu de base

Faut-il blâmer le froid, la grippe ou une épidémie de gastro-entérite ? Toujours est-il que les intervenants prévus se sont fait porter pâle et que le groupe Clic Rivage de Melun est plutôt clairsemé. Seuls 4 de ses membres sont présents à la séance d’aujourd’hui. Il en faudrait cependant plus pour les décourager, et la qualité des débats ne se ressent en rien de la quantité des défections !

Pour remédier à l’absence des conférenciers, Sophie, de Terre Avenir, a demandé à Daniel, pilier du groupe Clic Rivage qui entame sa deuxième saison au sein du programme QSEC, de se livrer à une petite présentation. En effet, le soir même de la première rencontre du groupe, France 2 diffusait, dans son magazine Complément d’enquêtes, une série de reportages intitulés « Les caddies de la crise »qui répondaient en partie à la problématique du groupe : « comment faire avec peu (ou moins) d’argent ? ».

Devant son téléviseur Daniel a pris des notes, qu’il restitue maintenant à ses condisciples, à l’aide d’une présentation Power Point. Il résume à grands traits chacun des trois reportages. Ses interventions suscitent remarques et commentaires. Ainsi, lorsqu’on parle des grandes surfaces, Jean-Louis évoque les systèmes de courses par internet, de type Auchan Drive : « on va chercher juste ce qu’on a commandé, pas plus, on ne déroge pas à sa liste de course en se promenant dans les rayons, c’est aussi un moyen d’économiser ». Anne-Marie décrit une enseigne, dans une zone commerciale de Brie-Comte-Robert avec des produits proches de leur date limite de consommations, mais vendus à des prix défiants toute concurrence : fromage à 20 centimes, pâtisseries à 1 euros…
S’ensuit une discussion sur ces fameuses dates limites de vente, de consommation, d’utilisation optimale… on ne sait pas de quoi au juste, il faudrait être mieux informé…

La conversation dévie un moment sur les repas distribués par les associations. Jean-Louis évoque des camarades de son club de marche, bénévoles aux « Restos du cœur » qui lui ont rapporté que certains bénéficiaires refusaient la viande si elle n’était pas Hallal, ce qui le choque. «Sans stigmatiser les musulmans, relève Daniel, si chacun fait valoir ses exigences en matière de soin ou de nourriture, on ne s’en sort pas ». Sophie tente un compromis : « Pour autant on peut être assisté sans vouloir renoncer à ses choix, à ses pratiques ? ». L’opinion générale autour de la table semble être qu’à cheval donné on ne regarde pas les dents.

Le compte-rendu reprend son fil, s’attache à un reportage sur les coupons alimentaires et se clôt sur les pratiques de récupérations. Anne-Marie fait alors part de l’existence de magasins éphémères qui ouvrent trois ou quatre mois et vendent à très bas prix tandis que Françoise déplore que les reportages n’aient pas évoqués les soldes, les ventes d’usine, les vide-greniers ou encore les bourses aux vêtements ou aux jouets qu’organisent certaines municipalités. Sophie leur demande s’il y a là quelque chose de réellement nouveau, si ces pratiques ont évolués. Le vrai changement, qui transparaît en filigrane dans les réponses, c’est internet, qui rapproche les offres et les demandes.

Sophie propose ensuite de débattre de la notion de revenu de base. A cette fin elle a distribué un article de presse et projette un petit film.

Les réactions sont sans équivoque. “C’est utopiste » tranche Daniel. Pour Françoise cette théorie manipule des chiffres sans tenir compte du facteur humain. Jean-Louis y voit un système égalitaire qui revient au communisme. Daniel insiste « mettre tout le monde au même niveau semble simpliste » tandis que Françoise souligne le danger à considérer tout le monde uniformément : « en matière de santé, les personnes âgées ont d’avantage besoin d’aide que les plus jeunes : attention de ne pas aboutir à une discrimination devant les soins ! ».
La séance se termine en évoquant les prochaines rencontres. Des membres du groupe se joindront, le 10 février, à un groupe QSEC parisien pour assister à, l’ENS, à une présentation de Bernard Marx de l’Institut pour l’éducation financière du public sur la crise de la zone Euro. Et le 14 ils rencontreront des membres du Secours Populaire, qui leur parleront de l’aide aux plus démunis.

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