Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
13
avr
L’argent public en débat à Créteil

« L’argent public. Pourquoi les états sont-ils endettés ? » Un sujet d’actualité débattu par les équipes QSEC de Créteil. A l’heure où la crise frappe fort et certains pays croulent sous les dettes, une question nous trotte dans la tête : pourquoi ?

C’est ce que va essayer de mettre en lumière Stéphanie Treillet à travers une série de documents et d’explications. Stéphanie Treillet est économiste, maître de conférence à l’UPEC (Université de Créteil), membre du Conseil scientifique d’Attac-France, de la Fondation Copernic et militante féministe. Un profil parfaitement adapté à la situation et prête à répondre à toutes nos interrogations. La plupart des personnes présentent sont des agents départementaux du Val de Marne. Malheureusement nous ne seront pas au complet, 6 personnes seront excusées et l’audience sera donc composée de 7 agents.

La séance à peine commencée c’est Sylvie et Corinne qui, à ma gauche, soulèvent la demande d’un temps d’échange dans le groupe. Un mini-débat constructif aboutira sur une demande d’ajout d’une séance en mai pour la restitution du projet.

Stéphanie Treillet peut commencer son exposé. C’est sur le thème des « idées reçues sur la dette publique » qu’elle va développer sa présentation  en 3 points. Le premier étant l’affirmation « Le budget de l’état, c’est comme le budget d’un ménage« . Stéphanie Treillet va démontrer que cela est faux. D’une part car l’état est immortel (contrairement à un ménage, dure loi de la réalité) et ne peut donc pas faire faillite. D’autre part car il finance des infrastructures et des salaires et engendre donc une activité économique et donc de nouvelles recettes. Et enfin parce que c’est l’état décide lui-même des recettes en levant l’impôt, contrairement au ménage qui ne contrôle pas l’augmentation de son salaire (ce serait trop beau).

L’intervenante conclue ce premier point en signalant bien sûr qu’il est possible de l’interrompre pour poser la moindre question. Néanmoins l’assemblée, concentrée et attentive, continue de boire les paroles de l’économiste.

Deuxième fausse idée : « Les déficits sont dus à des dépenses publiques excessives« . Stéphanie Treillet confirme que depuis 1993 les dépenses publiques restent stables en pourcentage du PIB, et s’appuie sur différents graphiques pour illustrer ses propos. Elle souligne par ailleurs qu’elle parle ici de déficits et non pas de dettes ! Le sujet va s’orienter quelques instants sur le taux d’imposition marginal, que Stéphanie Treillet nous explique en détails, tout en faisant le parallèle avec les dernières propositions de François Hollande en terme d’imposition. Pendant ces explications Sylvie chuchote alors un « Incroyable ! » comme si tout s’éclairait enfin d’un coup. Afin d’expliquer l’origine de la dette, c’est sur le rapport Carrez que Stéphanie Treillet va s’appuyer en montrant la valeur des cadeaux fiscaux et leur impact sur la crise actuelle.

La troisième et dernière fausse idée reçue sur la dette est « qu’elle est un fardeau pour les générations futures« . En effet l’économiste va nous démontrer que la dette agit au présent et n’a donc pas d’influence directe sur les générations à venir, d’autant plus que les créanciers sont deux fois plus bénéficiaires grâce aux intérêts et au creux du déficit public.

L’un des participants de la réunion souhaite développer l’importance de l’inflation, mais Stéphanie Treillet signale qu’elle va justement en venir à ce sujet car il a toute son importance dans cette analyse. Les interventions se font rares mais l’attention du public est forte. L’économiste va encore s’appuyer sur quelques graphiques afin de développer l’effet des politiques néolibérales dans le monde, puis un dernier point sur la stratégie de l’Union Européenne à travers l’austérité budgétaire, le pacte pour l’euro plus et le mécanisme européen de stabilité.

Pour conclure la séance Stéphanie Treillet propose un temps de questions, critiques et remarques. Ca tombe bien, certains participants avaient préparé quelques interrogations. La plus pertinente sera sûrement « Pourquoi le bon sens ne prend-il pas le dessus sur certains constats ou situations ?« , ce à quoi Stéphanie Treillet répondra finalement qu’il n’y a pas d’expertises communes, tout en citant les propos de plusieurs économistes qui ne sont pas partagés par tous. Bien que le timing imposé se voit déjà dépassé, la séance manque clairement de temps à la vue des passions qu’elle déchaine. Elle se conclura sur les propos d’une participante qui avec un léger sourire rappelle que la période est propice au changement via les élections à venir et que l’on peut tous changer quelque chose, même un petit peu, même à notre échelle.

Guillaume BIAU

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