Le blog
Saison 2012-13 : La mémoire
26
mar
Au théâtre ce soir


QSEC a le chic pour provoquer d’étonnantes rencontres. Ainsi, ce 25 mars au Conseil régional d’Ile-de-France, le théâtre a rendez-vous avec la science.
Près de 150 membres des 80 groupes de toute la région francilienne sont venus assister à une représentation suivie d’un débat.
Swan Song, ou la jeune fille, la machine et la mort est une pièce issue de la rencontre entre une auteure, Sabryna Pierre, et un chercheur, Karim Jerbi. Au terme d’un échange chronométré de 50 minutes avec le scientifique, la dramaturge a deux mois pour écrire une pièce d’une demi-heure pour trois voix : c’est le dispositif Binôme inventé par la compagnie Le sens des mots.

De son entretien avec le chercheur en neurosciences spécialiste de la communication cérébrale, Sabryna a tiré une pièce à la fois onirique et scientifique, poétique et rigoureuse. Trois comédiens (Florian Sitbon, Elizabeth Mazev, Emilie Vandenameele) lui donnent vie, interprétant un médecin un peu philosophe, une infirmière incarnant la mort et une patiente, jeune pianiste virtuose, dans le coma… Cette réinterprétation du thème classique de la jeune fille et la mort, nous fait plonger dans l’exploration cérébrale et nous interroge sur la conscience.

La performance des acteurs et la qualité de l’œuvre sont saluées par des applaudissements enthousiastes.
A la pièce succède un débat. L’auteure et le chercheur sont rejoints par Francis Eustache, neuropsychologue et membre du conseil scientifique de QSEC. Le journaliste Paul de Brem anime la séance avec décontraction et brio. Les chercheurs sont extrêmement clairs, illustrent leur propos d’exemples précis et répondent avec chaleur aux nombreuses questions.

© Guillaume Lebrun

« Que pensez-vous du Human Brain Project, ce programme de recherche européen qui vise à reproduire électroniquement un cerveau humain ? » « Les activités cérébrales que vous enregistrez ont-elles la même signature pour tous ou des variations individuelles ? » « Quels sont les différents types de mémoire ? » « Peut-on se souvenir au réveil de ce que l’on a entendu pendant le sommeil ? » « Que sait-on de la perception des personnes dans le coma ? » « La conscience, l’âme, sont-elles des fictions ou des processus organiques ? » « Comment peut-on se construire une identité sans mémoire ? » « Est-il possible d’implanter de faux souvenirs dans le cerveau ? »… L’auteure est aussi interrogée sur ses méthodes de travail : avec humour elle les compare à un presse-purée.

© Guillaume Lebrun

L’échange est dense, les questions comme les réponses d’un très haut niveau scientifique mais toujours empreintes d’humanisme et faites avec la simplicité propre à ceux qui maîtrisent totalement leur sujet. A les écouter on se sent intelligent. Mais cette simplicité est trompeuse, comme le rappelle Karim Jerbi, citant le biologiste Lyall Watson : « Si notre cerveau était suffisamment simple pour que nous puissions le comprendre, un tel cerveau nous empêcherai d’y parvenir ! »

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